Mon coin lecture

Lus et approuvés

Mon coin lecture : la soustraction des possibles chronique littéraire

Découvrez ici quelques-uns de mes coups de cœur littéraires récents… et moins récents

« La Soustraction des possibles » Joseph Incardona- éditions Finitude
Tel un virtuose, Joseph Incardona jongle dans ce livre avec les codes narratifs, bouscule et bascule les points de vue, poétise et dépoétise dans le même mouvement, soliloque, théorise, digresse ouvertement, théâtralise les dialogues, joue avec ses personnages, les excuse ou les prend en grippe, s’adresse à eux pour les mettre en garde, leur prédit un avenir inéluctable, disserte sur la notion de destin.
Au lecteur il assène des vérités toutes crues parfois dures à avaler, il fait la part belle à la littérature et en dénonce dans le même temps les poncifs… Il n’est jamais là où on l’attend.
Ce livre n’est pas qu’un livre, il est une danse tragique et folle qui se joue sur fond de déterminisme social, une valse implacable et jouissive qui s’emballe puis se rétame . Au début on peut être dérouté par cette écriture atypique mais un petit conseil : laissez-vous embringuer. Je vous promets que ça va swinguer !

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Ce qu'il faut de nuit coup de cœur littéraire

« Ce qu’il faut de nuit » Laurent Petitmangin – édition La Manufacture de livres. À lire absolument !
Dans une langue si fluide et ciselée qu’elle paraît simple alors qu’il n’en est rien, Laurent Petitmangin nous conte le devenir d’un père veuf et de ses deux fils, adolescents puis adultes. Les personnages de ce livre vivent dans le quotidien le plus ordinaire, sans jamais tomber dans la caricature ou le prêt-à-penser. Au fur et à mesure que le père vieillit et que ses fils grandissent, chacun bricole sa vie comme il le peut, comme il la pense juste. Les trois hommes restent unis par un amour familial incommensurable malgré les convictions contraires, les doutes, les désillusions et les drames qui jalonnent leur histoire. Tout est sensible dans l’écriture sans fard ni pathos de Laurent Petitmangin ; rien n’y n’est jamais ostentatoire. Et de cette sobriété maîtrisée naît une émotion si forte qu’elle vous coupe le souffle à chaque page. Ce roman-là se lit d’un trait, avec avidité et vous laisse admiratif, bouleversé et pantelant : un vrai coup de foudre !

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Terres Fauves Livre Patrice Gain édtions le mot et le reste

« Terres fauves » Patrice Gain – édition Le Mot et le reste
Un roman de « nature-writing » haletant – entre thriller et polar noir – une ambiance sauvage et bluesy, sans concession, servie par un style poétique et puissant, un suspens constant habité par un antihéros confronté bien malgré lui à la nudité rude des grands espaces, une immersion nivéenne dans le cœur d’un homme, voilà ce qu’est pour moi « Terres Fauves ».
(J’ai eu la chance, il y a quelques mois, de rencontrer Patrice Gain lors d’une signature à la librairie des Marais puis de déjeuner avec lui, de l’entendre évoquer sa passion de la montagne et également son approche de l’écriture. Un homme très sympathique et intéressant).

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Livre book Actes Sud Lenot conseil de lecture Actes Sud

« Ecorces vives » Alexandre Lenot – édition Actes Sud
Un livre à feu et à cendres qui vous prend à la gorge et vous entraîne aux confins du conte par quelque sorcellerie langagière. Une poésie âpre pour dire la démolition et la reconstruction, le désir et la rage, ces deux jumeaux d’acier qui ferraillent dans le cœur des hommes blessés d’ennui ou rongés par le ressentiment. Désertée, la nature s’ensauvage et fait corps avec les âmes meurtries, la forêt leur est refuge, les rochers cachette, les ronces protection. Car le vrai danger est à la ville, là où pullulent les prédateurs. Un roman cicatriciel.

My absolute darling livre book Gabriel Tallent édition Gallmeister

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« My Absolute Darling«  Gabriel Tallent – édition Gallmeister
Absolument terrifiant, terriblement addictif, précis jusqu’à l’os, éminemment poétique et cruel.
A lire si vous avez le cœur bien accroché !

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Et aussi…

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Du côté des polars et romans noirs

« Haïku » Eric Calabatra – éditions du Caïman
Superbe !

« Brasier noir » Greg Iles – éditions Babel noir
Dévoré.

« Rosine, une criminelle ordinaire » Sandrine Cohen – éditions du Caïman
Un polar psychologique particulièrement prenant. Grand Prix de la littérature policière 2021.

« L’île des chasseurs d’oiseaux, L’homme de Lewis, Le Braconnier du lac perdu » – Peter May (trilogie écossaise)
Quelles lumières !

« Total Khéops, Chourmo et Soléa » – Jean-Claude Izzo (trilogie)
Mes 3 chouchous.

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Du côté des romans…

« Ceux qui partent » Jeanne Benameur – éditions Actes Sud

« Au revoir là-haut » Pierre Lemaître (prix Goncourt 2013) – éditions Albin Michel
Son nom parle pour lui. On se régale.

« Broadway » Fabrice Caro – éditions Gallimard
Il y a longtemps que je n’avais pas ri autant en lisant un livre… depuis Trois hommes et un bateau je crois.

« Arcadie » Emmanuelle Bayamack-Tam – édtions P.O.L
Drôle, féroce, mordant, subversif… ce sont les premiers adjectifs qui me sont venus à l’esprit après avoir lu Arcadie : un livre au vocabulaire incroyablement riche qui mêle français soutenu et langage de charretier, circonvolutions littéraires et argot de bas-étage, poésie et langue verte… et qui ne s’embarrasse surtout pas de tabous ni de lieux communs. Les titres de chapitres sont empruntés à des auteurs connus, ainsi que certaines citations, si bien intégrées dans le récit qu’elles connaissent ici une nouvelle vie.

« Fragmentation d’un lieu commun » et « Nullipare » Jane Sautière, éditions Verticales

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Mes incontournables / indémodables

« Lignes de faille » Nancy Huston

« Le Monde selon Garp » John Irving

« Le Carnet d’or » Doris Lessing